La musique vietnamienne – une présentation générale

Musicalement parlant, le Vietnam est un pays très riche, à l’instar de sa culture.

La musique vietnamienne est à l’image de son pays : multiculturelle. En effet, la musique vietnamienne est un savant mélange des différentes cultures qui influencent de façon directe ou indirecte le pays, soit chinoise, indiennes, indonésienne, occidentale, avec un soupçon de religion / philosophie par le bouddhisme, par exemple. Les chansons vietnamiennes sont très souvent empreintes d’une certaine mélancolie qui va au-delà des paroles et se ressent tout particulièrement dans la voix et l’intonation des interprètes. Par ailleurs, chacune des 54 ethnies du Vietnam ont des musiques qui leurs sont propres, et si la musique mainstream a envahi les ondes du pays, la musique folklorique porte toujours une place privilégiée dans le cœur des vietnamiens, et ce même si les jeunes générations semblent délaisser la musique de leurs origines au profit de la musique occidentale et moderne.

La musique vietnamienne est d’autant plus importante dans le cœur du peuple vietnamien que cinq sortent de musiques traditionnelles vietnamiennes ont été reconnu comme patrimoine immatériel par l’UNESCO. De plus, la musique est très ancrée dans la culture vietnamienne, ce qui est facilement visible quand on est dans le pays vu le nombre de chambres à karaoké présentes dans les villes.

Les différents types de musique vietnamienne:

  • Le Ngâm tho, de la poésie folklorique et improvisée chantée et incorporée dans des pièces de théâtre popularisée dans les années 50 ;
chanteuses-de-quan-ho
Chanteuses de Quan họ
  • Le Quan họ, reconnu par L’UNESCO, est populaire dans tout le pays s’est vu offrir de nombreuses variations selon les provinces. Le quan họ est un chant alterné a cappella folklorique qui est improvisé lors de rituels, mais aussi chanté à l’occasion de la fête du printemps qui suit la célébration du Nouvel An vietnamien (Têt). Le chant est interprété généralement par deux femmes et deux hommes qui semblent se répondre et aborde des thèmes majoritairement liés à l’amour et au romantisme ;
  • Les chants de travail ho, des chants à répons que les personnes aux conditions de travail difficiles chantent ;
  • Les chants populaires ly du sud du Vietnam, des chants d’amour, de nostalgie ou de divertissement au rythme varié ;
  • Les chants ru, des berceuses que les mères chantent à leurs enfants et qui transpirent leur vie de femme pas toujours très facile ;
  • Les chants nhac dam ma, des lamentations que l’on chante lors de processions funéraires qui sont accompagnées d’instruments à vent, de vièles et de percussions ;
  • Les ensembles nhac ngu am ou musique des cinq sons sont composés de plusieurs instruments traditionnels qui jouent à l’occasion de certains rituels religieux cao-dai ;
  • Le xẩm ou hát xẩm, est joué habituellement par des mendiants itinérants aveugles, d’où le fait qu’on appelle ses chants les chants des aveugles. Les paroles sont très inspirées de recueils de poèmes ou de contes et légendes populaires au Vietnam. Ce chant est en voie de disparition ;
nhac-nhac
Nhã Nhạc
  • Les musiques de cours de Hue ou nhac cung dinh, reconnue par l’UNESCO, née sous la dynastie Nguyen au début du XVIIIème. La musique de cour de Hue peut être divisée en deux : le dai nhạc bouddhiste et le nhã nhạc, lui même divisible en 8 répertoires distincts. L’on jouait de cette musique pour de grands événements et on réunissait pour ce faire de grands orchestres ;
  • L’espace de la culture des gongs, reconnu par l’UNESCO et qui s’est avant tout répandu au centre du Vietnam, est commun à une grande majorité des ethnies du Vietnam, qui ont chacune leur propre gong à des dimensions qui leurs sont propres. Les gongs sont généralement utilisés lors d’offrandes, de rituels, de funérailles, de noces et autres célébrations ;
Ca-tru
Ca trù
  • Ca trù ou le chant des courtisanes, reconnu par l’UNESCO et apparu sous la dynastie Lý au XIème siècle, est une forme de musique du nord du Vietnam à la mélodie changeante composée de chants culturels, de rivalité ou de divertissement. Le Ca trù est très souvent dansé et est chanté avant tout par des femmes lors d’événements tel que des banquets ou des mariages. Il est aujourd’hui en voie de disparition ;
  • Le chant Hat Xoan est un chant rituel folklorique. Il en existe trois formes pour trois occasions différentes : un chant d’adoration des rois fondateurs et des esprits gardiens du village, des prières pour avoir un bon rendement dans les champs ainsi que la santé et la chance et des chants amoureux ;
Hat-Tuong
Hát Tuong
  • Le Tuong ou hát bôi est comparable à de l’opéra chinois, pays d’où cette musique de cour a été par ailleurs importée. Le théâtre hát tuong est réputé très cérémonieux et majestueux, le maquillage et les couleurs ont toutes une signification, et est accompagné d’un orchestre de 6 musiciens. Le tambour rythme et domine ;
  • Le Chèo ou chant comique, est un chant qui lui est bien originaire du Vietnam, plus exactement du Nord du pays. Le Cheo est considéré comme la plus ancienne forme d’opéra du pays se distingue de l’opéra chinois hat tuong par un rythme plus rapide et plus grave ainsi que des décors et des personnages plus simples, de la vie quotidienne, et non pas uniquement des personnes de la haute-société. La particularité du Cheo est qu’il y a des échanges constants entre l’audience et les acteurs sur la scène ;
Dan nguyet
Dan nguyet, le luth vietnamien
  • Le hát chầu văn est une musique spirituelle jouer lors des cérémonies de possession du culte Dong Bong afin d’aider le médium à invoquer et recevoir les esprits. Très rythmée, elle recherche par le fait même a mettre ses auditeurs en transe. On la joue avec des instruments à corde traditionnels, tel que le dan nhi, une vièle, ou le dan nguyet, un luth ;
  • Le Hò Huế et un chant magnifique typique de Huế divisé en trois catégories: le Hò nghi lễ pour les cérémonies, le Hò vui chơi pour les divertissements et enfin le Hò lao động pour les travaux. Chacune des catégories comporte ses variances propres. Le point for du Hò Huế: les textes sont écrits de façon noble, les dialogues et l’humour sont fins, pas de vulgarité ;
  • Le Nhac do, musique de la résistance, née pendant les deux guerres qu’a subit le pays au XXème siècle dans le Nord du Vietnam. On la nomme musique rouge ou musique communiste, et les sujets abordés sont d’un registre politique, puisque les paroles réfèrent généralement à l’envie du peuple vietnamien de s’émanciper et devenir indépendant ainsi que leur haine de la colonisation ;
  • Le Nhac vang ou musique dorée, une musique sentimentale voir dramatique. Nommée ainsi en opposition avec la “musique rouge” (nhac do), le nhac vang prend en effet ses racines dans le camp opposé, celui du Sud du Vietnam ;

Et bien sûr, comme dit au début de cet article, les ethnies vietnamiennes ont toutes des formes de musique qui leurs sont propres.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s